Jean Louis Salles, membre fondateur et secrétaire général du COFESTIN à
offert cette année, au Vanila Hôtel, le cocktail officiel d'ouverture.
A cette occasion il a fait le
discours suivant:
Un
célèbre auteur a dit :
Hier est l’histoire
Demain le mystère
Aujourd’hui est un cadeau, c’est pour cela qu’on l’appelle le présent ! !
Cette
phrase prend toute sa valeur aujourd’hui.
-
Hier est l’histoire, l’histoire du DONIA, l’histoire d’une idée qui a
germé dans la tête d’un membre fondateur, qui a rassemblé quelques amis
autour de cette idée, qui a convaincu, persévéré et le Cofestin est né et a
relevé le défi.
Je
me souviendrai toujours de la réflexion de notre ami Jean François PY en 1996
qui m’a dit :
« Jean-Louis,
tout le monde vous a pris pour des fous quand vous avez commencé le DONIA en
1994, et tout le monde pensait que vous alliez au casse-pipe, et maintenant,
tout le monde reconnaît que c’est une extraordinaire réussite et quelque
chose de super pour Nosy Be ».
Un
an après, Jean François rentrait dans le Cofestin pour en devenir une pièce
maîtresse jusqu’à sa disparition avec notre grand ami Philippe Hardcastle
qui nous a quitté cette année.
C’est
bien l’histoire du DONIA, faite de grands moments de bonheur et de ses
malheurs aussi comme les décès et les accidents de l’année dernière qui
restent ancrés dans nos mémoires.
Mais
le DONIA est toujours là, il a grandi au fil des années, est connu et reconnu,
a fait passer sur scène des milliers d’artistes depuis 1994, Malgaches ou
Etrangers, a fait découvrir d’innombrables talents qui ne seraient jamais
sortis sans le DONIA, a fait connaître la musique et la culture malgache à
l’extérieur, a fait la promotion de Nosy Be et Madagascar dans de nombreux
pays, a mis cette fête populaire au service de nobles causes comme la lutte
contre le VIH SIDA et l’exploitation des enfants.
Mais
le DONIA reste fragile car il est tenu à bout de bras par les membres du
Cofestin, tous passionnés par l’aventure, tous bénévoles, et comme je
disais récemment, pour quelques membres, ce n’est plus du bénévolat,
c’est du mécénat et depuis l’année dernière, c’est carrément de la
folie car il a fallu pallier aux carences d’un bailleur de fonds qui n’a pas
tenu ces engagements.
Tout
ça est l’histoire du DONIA, riche et vivante.
Demain
est le mystère :
L’envie,
la motivation, la passion resteront, c’est sûr.
Mais
le DONIA restera-t-il ?
La
question est plus que jamais d’actualité.
Le
Cofestin a déjà imaginé le DONIA 2007.
Un
DONIA innovant, surprenant, d’envergure, avec, pourquoi pas, une ouverture du
festival à TANA sur 2 jours et une grande caravane musicale qui traversera le
pays par la nouvelle route presque terminée (ça pourrait être une des
manifestations de son inauguration), pour se terminer par les 5 jours de DONIA
à Nosy Be. Tout Madagascar découvrirait « SON DONIA ».
Oui,
le Cofestin fourmille d’idées et de volonté mais trop d’obstacles
surgissent chaque année, trop de « peaux de banane », et même si
le Cofestin est habitué à les surmonter, la lassitude, le découragement
pourraient prendre le pas. C’est un peu ce qui se produit depuis l’annonce
par la COI de ne pas payer le solde de la subvention sur laquelle ils s’étaient
engagés.
Nous
savons que nous avons le soutien du ministère du Tourisme et de la Culture qui
depuis deux ans nous soutient d’abord financièrement, ce qui est nouveau,
mais surtout je dirais « moralement », en intervenant dès qu’il
peut, pour nous soutenir et nous appuyer. Nous y sommes très sensibles et nous
vous en remercions sincèrement.
Cependant,
le DONIA survivra si tous autant que nous sommes, tous ensemble, de tous bords,
chacun avec ses moyens et ses pouvoirs, nous soutenons avec force et conviction
ce patrimoine de la culture malgache.
La
question du solde de la COI devra être réglée très vite, nous sommes prêts
à en discuter, nous sommes persuadés qu’une solution sera trouvée si nous
le voulons tous. Si la solution n’est pas trouvée, le DONIA mourra pour
plusieurs raisons :
2. manque de
reconnaissance :
Si un organisme international sensé favoriser la
culture fait tout pour la tuer ou pour l’affaiblir, il est évident que le
Cofestin jettera l’éponge et ne trouvera plus la force de déplacer les
montagnes.
C’est ce manque de reconnaissance du travail
accompli dans un contexte
difficile qui touche le plus le Cofestin.
Demain
est le mystère ; à nous de lever le mystère.
Aujourd’hui
est le cadeau, c’est pour ça qu’on l’appelle le « présent ».
Toute
la force du DONIA est là. Le miracle a lieu tous les ans depuis 13 ans et
chaque fois que l’on se retrouve pour cette soirée officielle, c’est le
plus grand des cadeaux que le Cofestin puisse vous offrir. C’est vous dire et
dire à la population « Voilà, on vous remet un nouveau DONIA, il est à
vous, on vous souhaite beaucoup de bonheur ».
Oublions
aujourd’hui, l’histoire et le mystère, et buvons à pleine coupe ce cadeau,
ce présent, cette fête, cette musique, cette culture, cette fraternité.
Merci
encore une fois à chacun d’entre vous pour votre présence et votre
participation ;
Le
Cofestin vous souhaite un merveilleux DONIA, en souhaitant de tout notre cœur
que ce ne soit pas le dernier.
Merci