
Après tant de soucis et
d’incertitudes, le festival Donia 2003 aura finalement lieu
“
La fête sera bel et bien au rendez-vous sur l’île aux parfums, conformément
au calendrier initialement établi, malgré les difficultés dans le bouclage du
budget, grâce au soutien du gouvernement malgache, confirmé par la présence
aujourd’hui des deux ministres, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour
que Donia se tienne cette année, et surtout grâce à la synergie de bonnes
initiatives ”, a informé d’emblée Alain Soumoudronga, président en
exercice du Comité d’organisation du festival de Nosy Be (Cofestin), lors
d’une conférence de presse tenue hier dans les locaux du Centre culturel
Albert Camus, en présence de Mme le ministre de la Culture, Louise Odette
Rahaingosoa, et du ministre du Tourisme, Roger Mahazoasy. La bonne nouvelle est
tombée comme un vif soulagement pour les activistes culturels
et les
sympathisants de la culture du pays, qui étaient plongés dans de profondes
anxiétés, traumatisantes et légitimes, à l’annonce,
il
y avait quelques semaines, d’une éventuelle annulation de Donia 2003, faute
de soutien financier. Une suppression qui aurait signé l’arrêt de mort de la
plus gigantesque plate-forme festivalesque de la Grande Ile, voire de l’océan
Indien, et qui, par ailleurs aurait porté un sacré coup au merveilleux paysage
culturel du pays.
L’implication gouvernementale
L’implication du gouvernement pour préserver un festival culturel, pérenne
et crédible, d’une disparition subite et injustifiée, s’avère être un
signe positif pour l’avenir du secteur culturel dans le pays, en
l’occurrence l’importance que les princes qui nous gouvernent commencent à
accorder à la chose culturelle qui, faut-il encore répéter et souligner, doit
occuper une place de choix dans le processus de développement rapide et durable
que l’actuel régime ambitionne de mettre sur les rails. On salue particulièrement
le geste du Premier ministre Jacques Sylla qui a fait de la réalisation du
festival Donia 2003, un véritable défi national.
Toutefois, il serait plus judicieux à l'avenir que l’Etat s’implique
davantage dans l’octroi de subventions annuelles au secteur culturel, comme
cela se fait déjà dans plusieurs pays, afin de soutenir, de manière ferme et
continue, les efforts fournis par les opérateurs culturels qui, il faut savoir,
se heurtent, le plus souvent, à un opaque mur de difficultés, dans la
recherche de financements. Aussi, l’Etat n’aura-t-il à jouer tout le temps
le rôle du pompier et apporter une solution-pommade. N’est-il pas un peu
embarrassant d’apprendre qu’à Madagascar, la collecte de la (modique) somme
de 250 millions de Fmg, qui s’est avérée douloureuse et presque impossible
pour les organisateurs d’un festival vieux de 10 ans, est susceptible d’ébranler
tous les acquis et effacer d’un seul revers de la main tous les efforts de crédibilité,
de professionnalisme, de pérennisation, accumulés, avec pugnacité et détermination,
durant une décennie ? En tout cas, il est temps que la culture quitte son rang
d’enfant pauvre des régimes successifs pour rejoindre enfin son rang de véritable
moteur de développement. Et cela exige du gouvernement, notamment du ministère
de tutelle, la mise en place et en application d’une politique culturelle,
nette, cohérente et dynamique.

Les apports du secteur privé
On ne peut passer sous silence les importants apports et soutiens des sociétés
privées telles que Total, Venta Club, Diégo Poids lourds, Star, Rta, Rfi, Psi,
New Print, etc., et des organismes internationaux comme Unicef et Onusida, qui
continuent d'avoir la foi en la culture de ce pays. Leurs appuis, qu’on ne
manque de féliciter au passage, constituent une véritable bouffée d’oxigène
pour le secteur de l’art et de la culture. A cela s’ajoutent les apports
financiers de la Promotion du Secteur privé (une enveloppe de 50 millions de
Fmg) et de Tafita (20 millions de Fmg environ). Le président du Cofestin, Alain
Soumoudronga reconnaît que la totalité du déficit budgétaire de 250 millions
de Fmg, nécessaire à la réalisation du 10è anniversaire de Donia, n’est
pas tout à fait bouclée, mais le seuil de garantie devant permettre au
festival d’avoir lieu, dans de bonnes conditions, est acquis. Alors, place à
la fête de la vie !.:
Steve
Maniry
Festival Donia 2003
- Défection de la COI
La subvention annuelle de 22 380 euros (150
millions de Fmg) que la Commission de l'océan Indien (Coi) avait, jusque-là,
attribuée au festival Donia, n'a pas été renouvelée cette année. Cette défection
de la Coi, à l'origine des grands soucis financiers de Donia 2003, est
officielle. Toutefois, selon Mme le ministre de la Culture, Louise Odette
Rahaingosoa, la Coi a promis de la ré-allouer au festival Donia à partir de
l'année prochaine. Et ce, au terme d'un plaidoyer qu'elle a fait au cours de la
première édition du festival tournant de l'océan Indien, tenue à l'île
Maurice du 29 avril au 4 mai 2003. A noter que la subvention de la Coi a couvert
20% du budget d'organisation annuelle du festival Donia. Il est vrai que le
Festival tournant de l'océan Indien ne doit en aucun cas tuer les autres
festivals régionaux, dont Donia.:
Steve
Maniry
Festival Donia 2003
La programmation initiale pour les artistes
nationaux appelés à jouer sur la scène de la 10è édition du festival Donia,
reste inchangée, apprend-on des membres du Cofestin. Le salegy se taille, comme
tous les ans, la plus belle part du festival, avec le "king" Jaojoby
et son héritier musical, Jaojoby Junior qui, il faut souligner, aura l'honneur
de clore le festival. A eux se joindront l'As du salegy, Dr JB, le groupe féminin
"Koëzy" et les formations locales. Le rap y occupe aussi une place
non négligeable avec Da-Hopp et Shao Boana. Des formations de poids comme le
groupe Tarika de Hanitra Rasoanaivo et Silo, sont par ailleurs au programme. Et
ce n'est pas fini. L'une des révélations de la musique malgaches des deux
dernières années, Ra-Ckiki, effectuera son entrée sur la scène du festival
Donia. La grande nouveauté ? La programmation de la compagnie Vahinala de Gaby
Saranouffi, qui est connue et appréciée dans le monde de la danse
contemporaine. Dans la même lignée, la localité de Dzamandzar sera le
dimanche 8 juin après-midi le théâtre d'un festival off.
En revanche, la participation des artistes des îles
riveraines pourrait être modifiée par rapport à la liste prévisionnelle. La
venue du groupe de séga mauricien Cassaya et des groupes réunionnais a été
confirmée, alors que celle des artistes seychellois, comoriens et mahorais se
trouve encore dans l'incertitude.
:
Steve
Maniry
En marge du festival Donia 2003
Les actions menées par le festival Donia dépassent
largement le cadre mélodique, rythmique et festif, pour côtoyer une cause
noble et juste : la lutte pour les droits des enfants, à laquelle le festival
s'est attelé dans plusieurs éditions, avec l'appui et la participation active
de l'Unicef. Et cette année, ensemble ils vont combattre l'exploitation
sexuelle des enfants. L'Onusida, elle aussi, entre dans la danse et s'applique
à combattre, dans le cadre du festival Donia, le fléau du sida. Une soiré
pour la lutte contre le Vih/sida est alors prévue, avec un concours de
compositions musicales relatives à ce sujet.:
Steve Maniry