
Cette
épineuse interrogation sur le véritable intérêt porté sur le domaine
culturel malgache, est plus que jamais remise sur le tapis quand on apprend que
Donia, la plus grande manifestation culturelle de la Grande île, qui doit célébrer
du 4 au 8 juin prochain son 10e anniversaire sur l'île de Nosy Be, risque d'être
rayée à jamais du magnifique paysage culturel national et régional (Océan
Indien). La raison ? Ses partenaires, fidèles et importants, l'ont lâché,
abandonné et largué, acculant ainsi ses organisateurs, regroupés autour du
Comité d'organisation du festival de Nosy Be (Cofestin), à de graves difficultés
liées à la collecte du financement nécessaire à la réalisation de l'édition
2003 du festival.
La défection in extremis de la Commission de l'océan
Indien (Coi), en l'occurrence à deux mois de la tenue du festival, doublée du
désistement, depuis l'année dernière, de la compagnie aérienne nationale Air
Madagascar, a porté un coup plus que fatal au gigantesque carrefour culturel de
l'océan Indien qu'est le Donia. La Coi en effet allouait, chaque année, une
enveloppe de 22.380 euros, soit 150 millions de Fmg, au festival de Nosy Be. Une
subvention qui, il faut le signaler, représentait 15 à 20% du budget
d'organisation du Donia. Ayant été un partenaire de taille du festival, Air
Madagascar s'était chargée d'acheminer artistes, journalistes, techniciens sur
l'île de Nosy Be, où au fil des éditions, le Donia est devenu sans conteste
la fierté des Nosybéens et de tous les Malgaches. Mais ce sentiment collectif
d'honneur et de dignité, suscité par l'envergure et la pérennité qu'aura
prises le festival, risquerait fort malheureusement de devenir une déception générale,
notamment sur l'île aux parfums, si le Donia venait à mourir faute de
financements.
A
la recherche de 250 millions de Fmg pour sa survie En dépit de sérieux problèmes
auxquels le festival est confronté à l'heure actuelle, les membres du Cofestin
ne cessent de se battre contre vents et marées pour dénicher les 250 millions
de Fmg de déficit budgétaire, sans lesquels la 10e édition du Donia, prévue
se tenir les 4, 5, 6, 7, 8 juin 2003 sur l'île de Nosy Be, serait tout
simplement annulée. Une triste éventualité qui signifierait l'arrêt de mort
définitive de la plus grande manifestation culturelle de Madagascar. Le
Cofestin a remué ciel et terre pour trouver une solution, mais se retrouve à
une impasse à moins de deux mois de la tenue du festival, apprend-on du côté
du comité d'organisation du festival de Nosy Be. Aussi ses membres se
tournent-ils vers toutes les âmes de bonne volonté, autant nationales que régionales
(Océan Indien), sensibles, soucieuses et conscientes du caractère indéniable
et incontournable du secteur culturel dans le processus de tout développement
humain et économique, pour leur tendre la main dans la collecte de la somme
sus-citée.
Il serait en fait
dommage et dommageable pour le microcosme culturel de la Grande Ile que, faute
de soutien financier et logistique, un festival de musique d'une telle envergure
soit contraint de couper court son beau parcours sans faute long de 10 années
jalonnées de succès populaire toujours grandissant (40.000 spectateurs à
chaque édition), et scellé d'une crédibilité qui retentit bien au-dela de
nos frontières. Sa reconnaissance internationale est justement tombée l'année
dernière (2002), lorsqu'il a été présenté au salon international des
festivals "Womex". D'autant plus que son ouverture sur l'Océan Indien
et l'Afrique du Sud fait du festival Donia un véritable havre de rapprochement,
d'échanges, d'amitié et de tolérance entre les différents peuples de la région.
Raison de plus pour le sauver et le préserver de cette probable annulation.
D'une mort prématurée et injuste.:
Steve
Maniry